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Dossier(s) : Epoques > Antiquité > Grèce antique > 

L'époque mycénienne et les siècles obscurs

14e - 9e siècles av. J.-C.
© Hachette Livre et/ou Hachette Multimédia

Sommaire

 Les premiers Grecs
 Le monde mycénien (2600-1200 av. J.-C.)
 Les siècles obscurs

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La porte des Lionnes
© Jean-Pierre Dalbéra
Les premiers Grecs
Le pays semble peu fait pour retenir les hommes, avec un relief montagneux (80 % de la superficie totale) et compartimenté, et des petites plaines mal reliées entre elles. Au nord se trouvent à la fois les plus hauts sommets (plus de 2'000 m) et les plus grandes plaines (Macédoine, Thessalie). Le cœur du monde grec est baigné par la mer Egée (aucun point de la Grèce n'est à plus de 90 km de la mer), et une multitude d'îles forment comme un pont naturel reliant la Grèce centrale et le Péloponnèse à la côte d'Asie Mineure. La Crète ferme, au sud, cette véritable mer intérieure, voie principale de tous les contacts.  

Le sol est aride, et le climat rude. L'agriculture, typiquement méditerranéenne, fondée sur la trilogie céréales, vigne, olivier, restera toujours précaire malgré une extension des terrains cultivés, qui, dès l'Antiquité, fit considérablement reculer la forêt. L'élevage, essentiellement ovin et caprin, s'est adapté à la garrigue.  

Les ressources minières (argent, cuivre, plomb argentifère) sont faibles, et, dès l'âge du bronze, les Grecs durent aller chercher ailleurs l'étain nécessaire à la constitution de cet alliage. A l'âge du fer, les minuscules gisements des îles seront plus insuffisants encore.  

Les premiers établissements humains connus remontent pourtant à près de 40'000 ans avant notre ère (en Epire, par exemple). Les habitats restent rares au paléolithique mais se multiplient à l'époque néolithique (en Grèce, du V e  au III e millénaire). Au tournant des III e et II e millénaires, les hommes dans lesquels on s'accorde à reconnaître les premiers Grecs arrivent des steppes situées entre Caspienne et mer Noire, ou des hauts plateaux anatoliens. Leur langue (encore parlée trente-quatre siècles plus tard sous la forme évoluée du grec moderne) se rattache, sans contestation possible, à celle des Indo-Européens.  

Le monde mycénien (2600-1200 av. J.-C.)
Parmi les civilisations helladiques qui se sont développées dans le monde grec de 2'600 à 1'200 av. J.-C., la culture mycénienne - du nom de Mycènes, l'un de ses centres les plus importants - est aujourd'hui mieux connue non seulement grâce aux remparts cyclopéens, aux tombes et aux palais mis au jour par les archéologues, mais aussi grâce aux tablettes (datées au plus tard de 1200) portant des inscriptions dans une écriture appelée « linéaire B», déchiffrées par Michael Ventris et John Chadwick en 1952.  

Les Achéens
Les Achéens sont les premiers Grecs qui semblent avoir profité largement de l'expérience de la brillante civilisation minoenne développée dès le début de l'âge du bronze: ce sont des scribes crétois qui ont transformé le linéaire A, en usage dans l'île, pour l'adapter aux besoins des rois mycéniens. Les tablettes sont des archives comptables. Elles révèlent que le palais draine, pour l'accumuler dans les mains du wanax («roi»), toute la richesse des collectivités agricoles villageoises. Remarquable instrument de puissance, ce système palatial (ou tributaire) est très proche des grands systèmes orientaux (mésopotamien, égyptien). Il s'en distingue cependant par son caractère militaire fortement accusé (et probablement lié à la conquête). Les impératifs de défense (qui transparaissent, par exemple, dans la différence entre les palais crétois et les forteresses mycéniennes), la réalisation de tombes monumentales (les tholoi) et l'incroyable richesse de certaines d'entre elles (telles les dépouilles couvertes d'or de Mycènes) semblent avoir absorbé une énergie qui, ailleurs, se fait expression picturale du pouvoir d'Etat.  

De l'unité à l'éclatement
C'est un faciès quelque peu atypique et fragile des grands systèmes orientaux qu'offre la Grèce achéenne. Bien que chaque centre paraisse avoir eu une existence indépendante, le monde mycénien forme un tout. Sa remarquable unité économique est mise en évidence, en particulier, par la diffusion d'une rive à l'autre de la Méditerranée (de Rhodes, Milet, Chypre aux futures Tarente et Sybaris) d'une céramique «mycénienne». L'ambre, l'obsidienne, l'étain et le cuivre - échangés contre les surplus de l'agriculture - faisaient l'objet d'un commerce à longue distance. Cette découverte du monde méditerranéen devait laisser de nombreuses traces dans le mythe grec.  

Le monde mycénien se désagrège lentement, une vague de destructions atteint la majorité des palais dès la fin du XIII e siècle et provoque des migrations vers les îles du Dodécanèse et vers Chypre. Invasions (Doriens, Peuples de la mer)? Conflits internes? Catastrophes naturelles ? Autant d'hypothèses qui peut-être ne s'excluent pas. La désintégration culturelle est accélérée par de nouvelles et graves destructions vers 1125-1100. L'unité du monde mycénien est rompue, et sa dynamique de croissance stoppée; la Grèce n'est plus qu'un agrégat de petits Etats disparates, affaiblis et repliés sur eux-mêmes.  

Les siècles obscurs
Les XII e et XI e  siècles av. J.-C. montrent l'ampleur des changements. L'extrême dépopulation est encore accrue par de nouvelles migrations vers les côtes occidentales de l'Asie Mineure: selon les calculs généralement admis, la Grèce pourrait avoir perdu les trois quarts de ses habitants. Pendant cette période de recul, ces populations, si démunies qu'elles soient, innovent sur le plan technique: la céramique protogéométrique (maîtrisée surtout à Athènes et à Argos) utilise un tour plus rapide, la brosse multiple et le compas. De plus, elles travaillent désormais le fer, resté très rare à l'époque mycénienne, mais qui, dès le XI e  siècle, devient prépondérant.  

Elles subissent également de profondes mutations dans leur genre de vie (passage de l'agriculture à une économie plus largement pastorale) et dans leurs attitudes face à la mort (la crémation tend à devenir la règle, on n'inhume plus que les enfants et, peut-être, les gens sans importance). Ce sont ces populations qui devaient jeter les bases de la nouvelle société grecque: celle de la cité. C'est probablement pendant ce « Moyen Age grec » que se développe, à partir de légendes hétéroclites, l'épopée homérique.

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Pour en savoir plus
Grèce antique
Chronologie de la Grèce antique
L'époque archaïque
L'époque classique
L'époque hellénistique
L'agriculture
Diffusion autour du Bassin méditerranéen
Les cultures lithiques européennes

 
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