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Les cultures lithiques européennes


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Sommaire

 L'aurignacien
 Le gravettien
 Le solutréen
 Le gravettien final
 Le magdalénien
 Magdalénien final et hambourgien

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La «Dame de Brassempouy» ou «Dame à la Capuche» est un fragment de statuette en ivoire. Datant du Paléolithique supérieur, elle constitue l’une des plus anciennes représentations réalistes de visage humain.

Un peu avant -40'000 apparaissent dans les Balkans et le bassin danubien des industries de pierre taillée caractérisées par une technique laminaire fondée sur un nucléus préparé à crête centrale, permettant le dégagement de lames standardisées.

Les outils fabriqués à partir de ces lames, tels les grattoirs, les burins, les lames retouchées et les troncatures, évoquent les outils de l'aurignacien, dont l'épanouissement a lieu entre -40'000 et -30'000. Ces ensembles préaurignaciens sont notamment connus en Bulgarie (grotte de Bacho-Kiro) et en Hongrie.  

On observe dans ces pays de l'Europe centrale la coexistence de deux traditions. L'une, orientée vers le débitage de lames, donnera naissance à l'aurignacien; l'autre, caractérisée par des pointes foliacées, est à l'origine d'une industrie qui se développera ultérieurement, le gravettien.


L'aurignacien
Les industries aurignaciennes s'étendent vers l'ouest de l'Europe par le bassin danubien et la Méditerranée septentrionale pour apparaître vers - 33'000 seulement en Europe occidentale.  

En France et en Espagne, l'aurignacien des hommes de Cro-Magnon est contemporain des derniers néandertaliens, porteurs de la culture du Châtelperronien. L'outillage est de type moustérien (racloir, denticulé) avec de nouvelles acquisitions: le couteau sur lame, à dos courbe aménagé par retouches abruptes, et l'industrie osseuse (poinçons en os, éléments de parure, dents percées).  

La culture aurignacienne se caractérise par ses outils sur lame, comme les grattoirs, les burins et de petites lamelles qui devaient être emmanchées. Ces outils sont souvent aménagés par des retouches épaisses et écailleuses. Pour la première fois se développe un outillage en os: pointes diverses de projectiles, poinçons, bâtons perforés. Des outils en ivoire de mammouth sont également fabriqués à cette époque.  

Les éléments de parure abondent: dents percées, coquillages perforés, perles d'ivoire. Les structures d'habitats, avec un sol très souvent saupoudré d'ocre rouge, sont variées: tentes circulaires (Arcy-sur-Cure, France), fonds de cabanes rectangulaires (Cueva Morin, Espagne), campements avec fosse (Barca, Slovaquie).  

Le développement de l'art préhistorique
Avec l'aurignacien se développe, tout d'abord en Europe centrale, l'art préhistorique, qui témoigne de préoccupations non matérielles. L'art aurignacien marquerait, selon certains spécialistes, la première manifestation de l'art figuratif en Occident (incisions sur différents objets en ivoire ou en os, peinture pariétale). De petite taille et exécutées en ronde bosse, les premières œuvres, des sculptures, représentent des animaux. Avec sa diffusion dans l'Europe de l'Ouest, les thèmes de cet art évoluent: l'être humain est symbolisé par le sexe, les animaux sont gravés en deux
 

Le gravettien
De -30'000 à -16'000, un grand nombre d'innovations apparaissent et se propagent rapidement dans toute l'Europe. C'est le fait de la civilisation gravettienne. Les armes et les outils sont plus légers et mieux adaptés. L'outillage en pierre est riche en petites pièces destinées à être insérées dans un manche (lamelles à dos, pointes de la Gravette, pointes à cran, à pédoncule...).

Les habitations gravettiennes de plein air traduisent par leur ampleur un mode de vie semi-sédentaire: grandes cabanes arrondies ceinturées de pierres ou d'ossements de mammouth.  

Les vénus préhistoriques
Une série de statuettes féminines, appelées «vénus», façonnées dans des matériaux très divers (pierre, ivoire, terre cuite) se retrouvent dans toute l'Europe. Elles répondent à un canon précis: larges hanches, seins pendants, sexe marqué, absence de traits pour le visage. Ces règles stylistiques communes à des populations distantes de plusieurs milliers de kilomètres tendent à accréditer l'hypothèse de représentations sacrées. De nombreuses pendeloques ornent les sépultures, et beaucoup d'outils sont décorés de motifs abstraits.  

L'art pariétal
Dans le Sud de la France et le Nord de l'Espagne, un phénomène important se développe: l'art exécuté sur des parois rocheuses fixes (grotte, abri-sous-roche). Cette localisation de l'art pariétal dans la région franco-cantabrique pourrait être liée à une longue occupation de cette zone. Les caractères constants observés dans les gisements de toute l'Europe montrent une certaine unité de la civilisation gravettienne, à la fois dans le travail de la pierre, de l'os, et, surtout, dans les manifestations artistiques.  

Le solutréen
Entre -19'000 et -16'000 se développe, uniquement en France et en Espagne, la civilisation du solutréen. On connaît mal l'origine de cette culture: certains auteurs la font dériver des cultures à pointes foliacées de l'Europe centrale, d'autres pensent plutôt à un développement indigène en France. L'émergence de cette culture est peut-être liée au reflux de populations originaires de zones de l'Europe du Nord-Ouest désormais occupées par les glaciers. Ailleurs, dans le monde méditerranéen et en Europe de l'Est, les civilisations gravettiennes continuent leur développement.

La «feuille de laurier»
L'outillage solutréen est caractérisé par les magnifiques pointes à retouches plates envahissant plus ou moins largement la face des objets. Les retouches pouvaient être obtenues par percussion (au percuteur tendre) ou par pression. Il semble que l'utilisation du feu ait facilité la taille par pression. C'est à la fin du solutréen que l'aiguille à chas, en os, a été inventée.  

Les œuvres d'art
Les œuvres d'art de cette civilisation sont exceptionnelles. Les premiers bas-reliefs apparaissent: frise sculptée du Roc-de-Sers (Charente) et du Fourneau du Diable (Dordogne). Les solutréens ont exécuté des peintures d'animaux où l'expression du mouvement, l'adjonction de détails et l'animation des membres traduisent une grande maîtrise du dessin.

Le gravettien final
De -16'000 à -10'000, après le maximum de froid de la dernière glaciation (entre -20'000 et -16'000), le climat se radoucit durant une longue période encore entrecoupée d'épisodes plus rigoureux. En Europe, des cultures distinctes se développent à l'est et à l'ouest. Il faudra attendre la fin du paléolithique supérieur pour que les contacts se rétablissent.  

Europe centrale et orientale
En Europe centrale et orientale, le gravettien final, ou épigravettien, est une civilisation dont l'économie est fondée sur la chasse au mammouth. Les industries comprennent des burins, des grattoirs, des perçoirs, des lames tronquées et des objets en os, en bois de renne ou en ivoire (sagaies, bâtons percés, spatules). Les objets de parure abondent: coquilles perforées, perles d'ambre, bracelets d'ivoire décorés de motifs géométriques. Les statuettes féminines sont elles aussi ornées de signes géométriques. Aucune figuration animalière n'est connue.  

Europe méridionale
En Europe méridionale (Italie), la tradition gravettienne se poursuit également. Apparentée par son outillage lithique aux ensembles d'Europe de l'Est, elle s'en distingue par son économie: le mammouth, beaucoup moins fréquent dans ces régions, est remplacé par le cerf et le bouquetin.  

Le magdalénien
En Europe occidentale domine la civilisation magdalénienne, qui s'est répandue ensuite dans l'Europe de l'Est et, dans sa phase finale, à travers les plaines du Nord. L'art paléolithique trouve alors son apogée; une grande variété de techniques existe: gravure, dans les grottes, sur plaquette en pierre, sur os ou sur bois de cervidés; peinture; modelage d'argile. On connaît plus de 150 grottes ornées. Elles sont toutes situées en France et en Espagne (Lascaux, Fond-de-Gaume, Les Combarelles, Rouffignac, en Dordogne, Niaux dans les Pyrénées, Altamira en Espagne), alors que l'art mobilier se rencontre dans toute l'Europe.   L'outillage lithique magdalénien est caractérisé par l'abondance de burins, de grattoirs, de perçoirs, de lames et de lamelles à dos. Mais c'est l'industrie osseuse qui est particulièrement remarquable, par ses sagaies de différents types, ses propulseurs et ses harpons.

Magdalénien final et hambourgien
A la fin du magdalénien, le nombre de gisements augmente, et les territoires habités s'étendent vers l'ouest de l'Europe centrale, par suite de l'accroissement de la population. Le climat tempéré a provoqué un développement de la végétation et une augmentation de la biomasse animale dans un paysage encore ouvert. Une culture de chasseurs de rennes, déjà armés d'arcs et de flèches, se développe dans la plaine du nord-ouest de l'Europe: le hambourgien (Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, Pologne). Les représentations artistiques de cette époque montrent des troupeaux d'animaux en mouvement dans un paysage dont la ligne de sol est esquissée (Teyjat en Dordogne, Le Chaffaud dans la Vienne, Pekárna en Moravie). Il semble que l'art figuratif revête alors un caractère plus narratif.

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Pour en savoir plus
Le Paléolithique
L'Europe livrée par l'archéologie
Les premières occupations humaines
Le Paléolithique en France
Le Paléolithique neuchâtelois

 

 

 
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